
Colloque se déroulant les 17 et 18 mai 2012. Programme.
Problématique
Un apport important du féminisme Noir aux États-Unis a été de faire remarquer qu'alors que les analyses féministes mainstream ne semblaient s'intéresser qu'aux femmes blanches, les analyses « racialisées » (tirées des Race theories) elles, ne semblaient s'intéresser qu'à l'homme Noir. Dans un cas comme dans l'autre, la condition véritable des femmes Noires se voyait exclue de facto des recherches qui prétendaient pourtant être vouées à l'étude de leur condition et, ultimement, à leur émancipation. En France, des remarques semblables ont été faites à l'endroit de l'évacuation des classes sociales des analyses féministes (et critiques de façon plus large) tout autant que de celle des questions de genre dans les réflexions marxistes. Parallèlement, dans le champ des études internationales et particulièrement du droit international, certains courants théoriques se sont mis à utiliser le concept de Tiers-monde pour décrire la réalité des peuples victimes du colonialisme et de l'impérialisme. Or, les auteurs et auteures utilisant ce concept se sont à leur tour fait critiquer pour ne pas avoir considéré que les réalités politiques, sociales, économiques et culturelles de ce qu'ils appelaient le « Tiers-monde » étaient trop complexes et diversifiées pour être réunies à l'intérieur d'un seul et même concept. Dans tous les cas, les critiques pointent vers un même argument : celui visant ce que les féministes ont appelé l'essentialisation des « catégories de différences » et qui renvoie, d'une certaine façon, à une réification des situations d'oppression.
Colloque se déroulant les 1er et 2 septembre 2011. Programme.
Problématique
En moins d'une trentaine d'années, les postcolonial studies se sont imposées comme des approches théoriques incontournables dans l'ensemble des disciplines des sciences sociales. Leur enseignement est désormais institutionnalisé dans les universités anglophones états-uniennes en particulier (Parry, 2006) et elles font, depuis peu, l'objet d'importants débats dans le champ universitaire francophone comme en témoigne les traductions récentes des travaux de K. Bhabha (2007), de G. Spivak (2009), de D. Chakrabarty (2009) ou encore la multiplication d'ouvrages en français plus ou moins polémiques sur la question (Smouts, 2007 ; Amselle, 2009 ; Bayart, 2010 ; Bernault et al., 2010 ; Lacoste, 2010).

Réal Raymond, chancelier de l'UQAM, Ducan Kennedy, docteur honoris causa,
Claude Corbo, recteur de l'UQAM, Jean-Pierre Beaud, doyen de la Faculté de science politique et de droit.
Texte de l'allocution de Duncan Kennedy lors de la remise de son doctorat honoris causa
Né à Washington, en 1942, Duncan Kennedy a obtenu un baccalauréat en économie de l'Université Harvard avant d'entreprendre à l'Université Yale des études de droit, qu'il a complétées en 1970. Entré à la Harvard Law School comme assistant professeur de droit en 1971, il est nommé professeur en 1976. Il est Carter Professor of General Jurisprudence depuis 1996. Duncan Kennedy est l'un des principaux initiateurs du mouvement né en 1977, qui a pris nom de Critical Legal Studies. Ce mouvement cherchait à sortir le droit de son isolement académique et à montrer les liens organiques qui l'unissent à la science politique et, plus largement, aux sciences sociales. Le professeur Kennedy a publié, en 1997, l'un des livres les plus importants des 25 dernières années sur la théorie générale du droit aux États-Unis, A Critique of Adjudication. Deux de ses ouvrages ont été traduits en français récemment, ayant pour titres Sexy dressing, violences sexuelles et érotisation de la domination, qui est une contribution importante aux théories féministes dans le champ des études juridiques, et L'enseignement du droit et la reproduction des hiérarchies professionnelles qui, lors de sa parution en 1983, a ébranlé durablement les fondements de l'enseignement du droit dans les facultés et écoles de droit américaines.
Colloque se déroulant les 19 et 20 mai 2011 à l'UQAM.
Le champ d'études des Relations internationales a vu les théories critiques prendre une importance non négligeable en son sein au cours des dernières années. Alors que certaines revues, comme Cultures et Conflits, et plus récemment Dynamiques Internationales, ont participé à la critique des études conventionnelles de la sécurité et à celle de l'hégémonie des théories néoréalistes et néolibérales, des revues plus traditionnelles, comme Études Internationales, ont ouvert leurs pages à de plus en plus de perspectives critiques. Certains ouvrages se sont également donnés pour mandat de diffuser un portrait du champ d'études des Relations internationales qui tiennent compte de la multiplication des nouvelles approches et théories des phénomènes internationaux. Un phénomène semblable s'est produit dans la littérature anglophone du champ du droit international où des approches critiques radicales (se réclamant des Critical Legal Studies, des approches tiers‐mondistes, féministes critiques, ou des Critical Race Theories, par exemple) se sont développées au cours des deux ou trois dernières décennies.